POURQUOI UNE DEUXIEME BATAILLE DES ALPES ?

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Mussolini a été destitué le 25 juillet 1943. Les alliés sont en Italie. Le 15 août 1944 ils ont aussi débarqué en Provence.

Mais le nord de l’Italie reste occupé par les allemands.

En octobre 1944 commencent les actions pour s’emparer des positions intéressantes tenues par les ennemis. Mais la neige empêche d’agir davantage pendant l’hiver 1944-1945.

En outre, anglais et américains considèrent le front des Alpes comme négligeable. Ce n’est évidemment pas l’avis des français. Charles De Gaulle veut créer une zone de sûreté et rattacher à la France certaines régions italiennes comme le Val d’Aoste et la vallée de Tende.

En septembre 1944, les FFI rejoignent l’armée qui demande des avions d’observation. Le groupe 1/35 est créé, dirigé par le colonel Frederic Léon  Ruby, et uniquement constitué de pilotes expérimentés en vol de montagne.

Les américains refusent de fournir du matériel : on se rabat sur les avions allemands abandonnés ou produits en France, tels que le SNAC NC 900, le FW 190A8 et le Morane-Saunier 500 Criquet doté d’un moteur de 240CV qui peut décoller et atterrir sur des terrains courts.

Le groupe 1/35 ne connaît aucune perte malgré plusieurs accidents car les pilotes sont adroits, ont un peu de chance mais surtout, l’ennemi réserve ses avions à la défense faute de carburant. Un seul avion allemand sera vu au-dessus de la vallée de  Suse.

Le nord de l’Italie est important car il concentre les villes industrielles (Milan, Turin, Verone…).

Le 1/35 est basé au Fayet (terrain disparu) proche de Chamonix. Ses missions consistent à :

  • Observer
  • Ravitailler les troupes isolées
  • Diriger les tirs d’artillerie
  • Assurer des bombardements légers
  • Evacuer les blessés
  • Assurer des vols d’entrainement et d’essai (à Bron et Satolas principalement)

La première demande de ravitaillement vient du bataillon du Mont Blanc : le téléphérique est en panne. Mais l’unique MS500 est confronté à une mauvaise météo. Un Douglas A24 assure trois vols. Un MS500 et un Potez 43 continuent mais leur emport est faible. Ils alimentent aussi la Maurienne. Même si on a recours à un Dakota C47 du groupe Touraine, c’est toujours un des pilotes du 1/35 qui prend les commandes en raison de leurs connaissances de la montagne. Un seul B26 Maraudeur rejoint le C47 : les américains sont indifférents au front des Alpes. De janvier à mars le G1/35 ravitaille la Maurienne et ne connaît qu’un échec car le vent rend le largage impossible. Fin mars un détachement fixe de C47 américains est basé à Satolas.

Les avions de la deuxième bataille des Alpes sont des P47 basés à Ambérieu, des B  26 basés à Bron . Il y a deux Potez 43, un Potez 60, un Piper Club « Grass Hopper ». Deux Caudron 274 « Luciole » sont aussi réquisitionnés pour les liaisons. Le 12 avril un Douglas A24 est promis qui arrive le 27, mais ne fait que des vols d’essai.

Ruby qui ne voulait pas se limiter à l’observation organise dès décembre 1944 des stages de formation sur P47 et B26 à Ambérieu et Satolas.

L’observation est assurée sur tout le front depuis toutes les bases quotidiennement, sauf impossibilité due à la météo. L’absence de radio et d’appareil photo contraint les observateurs à écrire des messages et les lancer lestés avec des pierres, ce qui limite l’effet de surprise. Les observateurs peuvent manquer des hommes comme un groupe de 100 skieurs allemands voulant rejoindre le refuge Torino.

A partir de janvier les photos sont analysées à Grenoble. Puis les communications radio directes permettent de guider les tirs d’artillerie. Le groupe Ruby utilisent ensuite des « grenades spéciales », des boîtes de conserve remplies d’explosifs, notamment sur le Mont Blanc et le Petit Saint-Bernard, et sur un dépôt de munitions.

Le 19 février 1945 quatre Spitfire MKIX du groupe Nice décollent de Bron à 15h45 et reviennent à 17h25 après avoir mitraillé le refuge Torino et la cabane Margherita.

Au cours du même mois sur le secteur sud les P 39  « Airacobra « effectuent 20 sorties. Dans le sud, blindés et bateaux participent aux combats. Des bateaux français et anglais constituent la « Flank force ». Guidés par les observateurs à la radio ces bateaux et l’artillerie bombardent les ennemis.

Le 8 avril 1945 le régiment d’artillerie de montagne (RAM) reçoit l’ordre de tirer et parvient à détruire une DCA mais un problème technique empêche de bombarder davantage. En réponse les allemands tirent 24h d’affilée mais ne touchent pas le RAM.

La guerre se termine sur le Mont Blanc le 9 avril après-midi  par un tir guidé qui atteint sa cible et le groupe 1/35 est déplacé vers le Sud.

Une seule tentative d’évacuation avec un MS 500 par le 1/35 est tentée  depuis Nice sans succès.

Le groupe 1/35 est finalement dissous mi-1945.

Anne-Marie Le Gallo-Piteau

Compte-rendu de la conférence de Ivan Ferrando

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