Né le 14 novembre 1885 à Biol le Haut (Isère), Antonin Félix BROCARD est le fils de l’instituteur du village, Antoine BROCARD, lui-même natif de Villemoirieu (près de Crémieu) et de Mademoiselle Constance MARMONNIER, institutrice.
La famille rejoint quelques années plus tard le village de Montagnieu (Isère).
Antonin fréquente le collège de Bourgoin et le lycée de Grenoble avant d’entrer à l’Ecole de Saint Cyr en 1905.
Les débuts d’une carrière militaire
Le 01/10/1907, il est affecté au 30ème R.I. de Chambéry avec le grade de sous-lieutenant des chasseurs à pied. Les manœuvres en montagne lui donnaient le goût de l’altitude et du risque. La grande aventure de l’aviation débutait. On demandait des volontaires, il en fut.
Il est promu lieutenant le 01/10/1909. Breveté pilote civil le 17 février 1911 (n° 770),
Antonin BROCARD obtenait un an plus tard son brevet militaire (n°123) le 6 juillet 1912 après êt re passé par les écoles d’aviation de Pau (10/10/1911) et Reims (20/03/1912).
De 1912 à 1913, il bat divers records d’aviation militaire et réalise un tour de France aérien. Lors de ce périple, il atterrit notamment à La Tour du Pin (Isère), à Challes les Eaux (Savoie) le 23/05/1913, à Annecy (Haute Savoie) ou à Montélimar-Ancône (Drôme) le 18/09/1913.

Pendant cette période il est successivement moniteur au Centre d’Aviation de Maubeuge (14/11/1912) et de Reims (17/02/1913).
Lorsque la guerre éclate le 2 août 1914, il est affecté à l’Escadrille de reconnaissance D 6, volant sur Deperdussin.
A sa demande, il est transféré dans une escadrille de chasse, la MS 3, le 18/03/1915. Il en prend le commandement le 21 mars et est promu au grade de capitaine le 22 mars.
Le 3 juillet 1915, il obtient sa première victoire aérienne sur Nieuport X en abattant un Albatros au revolver Mauser et au mousqueton au-dessus de Verberie-Compiègne. Cet acte lui vaut une citation à l’ordre de l’Armée le 24/08/1915.
Le 28 août 1915, seul à bord de son Morane Saulnier, il descendit au-dessus de la Forêt de Halatte un Albatros allemand qui venait jeter ses bombes sur Paris. Ce fut sa seconde victoire aérienne.
Le 19 mars 1916, il est blessé à la mâchoire par une balle de mitrailleuse pendant un combat aérien.
Le 10 juin 1916, il prend le commandement du Groupement d’escadrilles de chasse de la Somme, qu’il est chargé de constituer à Cachy (Somme).
Le 16 octobre 1916 il est promu chef de bataillon à titre temporaire.
Le 25 octobre 1916, ce groupement d’escadrilles devient le Groupe de Chasse n°12, appelé « Groupe des Cigognes », et dont chacune des escadrilles a pour emblème une cigogne : N 3, N 103, N 26 et N 73.

Il aura le privilège de commander des hommes comme GUYNEMER, FONCK, HEURTAUX, DORME, GARROS, VEDRINES, DEULLIN, DE LA TOUR, et bien d’autres, devenus des as de la chasse

La maîtrise psychologique de ce grand chef, sa perspicacité à discerner le mérite vrai et à le mettre en valeur lui conféraient un ascendant unique sur ses pilotes, dont, après les avoir choisis, formés et guidés jusqu’aux suprêmes combats, il se plaisait à parler comme de ses propres enfants. Son ton coutumier était celui de la camaraderie, camaraderie réelle comme il sied entre émules et cependant il savait être énergique et sévir quand il le fallait.
Le 13 septembre 1917, il est chef de cabinet du Sous-Secrétaire d’Etat de l’Aéronautique.
Le 12 septembre 1919, il est nommé commandant de l’Escadre de Combat n°2.
Le 1er janvier 1920, il est commandant du 2ème Régiment d’Aviation.
Le 15 juin 1921, il est promu au grade de chef de bataillon à titre définitif.
Il se marie le 12 septembre 1923 à Mademoiselle Paule MATHIEU.
Le 20 décembre 1925, il est promu au grade de lieutenant-colonel. Puis il est promu colonel le 25/06/1930 et général de brigade au titre
« réserve » le 21/01/1937, avant d’être placé dans la 2ème section du Cadre de l’Etat Major Général de l’Armée de l’Air.
Une carrière politique (1924-1936)
En 1924, il est élu député de la 3ème circonscription de la Seine (Ivry).
En avril 1928, il est réélu député à Ivry contre Maurice THOREZ.
En 1932, il est battu aux élections législatives par Maurice THOREZ.
Mais il retrouve un siège de député à Grenoble (Isère) au cours d’une élection partielle.
En 1936, battu aux élections législatives, il quitte définitivement la vie politique
Le retour à la vie militaire (1939-1940)
Rappelé par décret de mobilisation le 28/08/1939, il prend le commandement de l’Ecole principale de pilotage d’Etampes le 02/09/1939.
Il est nommé adjoint au Général Commandant la 2ème Région Aérienne le 01/05/1940.
Le 25 mai 1940 , il est nommé Commandant des organismes d’instruction des Forces Aériennes Polonaises, avec résidence à Lyon, en remplacement du Général HUG, appelé à d’autres fonctions.
Le 1er juillet 1940, il est commandant de la Base Aérienne d’Aulnat.
Le 30 juillet 1940, il est renvoyé dans ses foyers et replacé dans la position de 2ème section (réserve).
Antonin BROCARD décède à Paris (16è) dans la nuit du 28 au 29 mai 1950.
Ses cendres sont transférées à Marnes-la-Coquette, au pied du mémorial La Fayette, où reposent ses compagnons des « Cigognes ».
Ses décorations
Titulaire de plusieurs citations à l’ordre de l’Armée :
- 1 à la 5ème Armée (02/01/1915)
- 4 à la 6ème Armée (29/08/1915, 19/03/1916, 22/03/1916,
13/09/1916)
- 1 au G.A.N. (05/12/1916)
Chevalier de la Légion d’Honneur le 03/12/1914
Officier de la Légion d’Honneur le 18/02/1917
Commandeur de la Légion d’Honneur le 10/07/1927 Titulaire de la Croix de Guerre 1914-1918
Titulaire de 9 décorations étrangères.


